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Face To Face avec Pascal Nègre, fondateur de Label 6&7

FACE 2 FACE - PASCAL NEGRE
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Fondateur du label indépendant 6&7 et figure incontournable de l’industrie musicale française, Pascal Nègre répond en face à face aux questions de Romain Vivien, Directeur Général de Believe France, pour nous donner sa vision de ce qu’est un label indépendant en 2022. 

Pascal Nègre est sans aucun doute la personne connaissant le mieux les rouages de l’industrie du disque en France. Car Pascal, qui a débuté comme animateur de radio pirate a gravi les échelons et cumulé les fonctions : attaché de presse chez BMG, directeur de promotion chez Columbia, directeur de divers labels et société d’éditions telles que Barclay, Island, Polydor… Il a aussi été président de la Société Civile de Producteurs Phonographique, de la Société Civile des Producteurs Associés, mais aussi celui de la salle de spectacle l’Olympia. Et il y a bien sûr été PDG d’Universal Music France de 1998 à 2016.

Après 2016, Pascal Nègre est revenu à son premier métier d’animateur radio sur la station RFM et il a surtout fondé le label 6&7, une structure indépendante qui accueille des artistes comme Zazie, Kimberose, Jérémy Frérot, OBOY, Marie-Flore, Vanille et Lubiana. Believe est partenaire de 6&7 depuis sa création.

Believe est partenaire de 6&7 depuis sa création, c’est donc en toute confiance que Pascal Nègre s’est prêté au jeu de l’interview avec Romain Vivien, Directeur Général de Believe France. Ensemble, ils abordent des sujets aussi variés que les avantages à être indépendant, l’enjeu de la data dans la gestion des artistes, la création de contenus sociaux par les artistes et les récentes innovations mises en place par Believe.

Romain Vivien – Cela fait cinq ans que Believe et 6&7 travaillent ensemble maintenant, donc on se connaît bien. En revanche, est-ce que tu peux présenter 6&7 pour les gens qui te connaissent, ainsi que ton label, peut-être un peu moins bien ?

Pascal Nègre - Donc c'est un label indépendant, en distribution chez vous. Je vais être franc, à l’époque j’avais fait la tournée de tous les distributeurs et je vous ai choisi vous car je pensais que vous étiez les meilleurs. Nous sommes une petite équipe, on est six ou sept, le label s'appelle 6&7, ça tombe bien. Ce sont peu d’artistes sur lesquels on se concentre, mais c’est un besoin d’expertise et je pense que Believe apporte ça.

C’est-à-dire que vous êtes un vrai partenaire dans toutes les technologies que vous possédez. Parce que pour moi, la force de Believe, c’est d'être une maison de disques mais aussi une maison d'ingénieurs. Et je pense qu'il y a une grande différence avec les majors, là où les majors ont tendance à tout sous-traiter, vous non, et c’est une force, on en parlera je pense tout à l'heure.

Et puis ce sont tous les outils que vous avez créés, tout votre savoir-faire. Vous êtes à l’affût de tout ce qui se passe et donc vous nous nourrissez. Vous nous permettez d’avoir une expertise que seuls nous serions incapables d’avoir.

R.V - Alors tu en parlais à l’instant, tu vous décrivais comme un label indépendant avec peu d'artistes et très concentré sur vos projets. Selon toi quelles sont les principales différences justement quand on est un label indépendant par rapport à une Major ?

P.N - Alors c’est d’abord la stabilité... Tu sais que moi je suis aussi manager, j'ai eu le privilège de diriger une major pendant 21 ans.... J’ai un artiste qui était dans un label de Major, il a eu cinq patrons de label en cinq ans. Ça fait beaucoup. Dans un label indépendant, tu signes avec des gens, ça c’est la première différence alors qu’avec une Major, tu signes avec une structure et la personne qui te signe peut ne plus être là deux mois après, ou 24 heures après. Ça veut dire que s'il y a stabilité, c’est qu’il y a une vision à moyen terme, c’est-à-dire qu’on peut vraiment faire du développement d’artiste.  Nous, on n'a pas les moyens de signer les stars, il y a une telle concurrence aujourd’hui. Donc nous prenons des artistes qu’on essaye de développer. Donc c’est vrai qu’avoir une vision moyen terme c’est important, si ça ne marche pas tout de suite, on construit. Et nous avons vraiment une vision moyen terme. Mon sentiment c’est qu’aujourd’hui malheureusement les majors signent énormément d’artistes, ils jettent ça au plafond et ils voient ce qui reste collé. Et sur ceux qui restent collés au plafond, ils foncent. Nous on a peu d’artistes donc on va travailler à fond, se concentrer longtemps sur peu. La vraie différence fondamentale elle est là.  L’autre différence fondamentale, c’est le savoir-faire. Ce sont tous les retours d’expérience qu'a une Major qui a les moyens, parce qu'elle a tellement de projets. Pour nous, le retour d'expérience, c'est vous, c’est là où vous êtes essentiels. Vous nous permettez d’avoir plein de retours d’expérience sur tout ce qui se passe sur le marché, ce que nous serions incapables de faire parce que nous somme trop petits.  Et la dernière différence, c'est que sur un label indépendant, tu te demandes tous les lundis ce qu’il y a sur le compte en banque alors que, je vais être franc, je n’ai jamais posé la question quand je dirigeais une major.

R.V - Et c'est ce qu'il y a de plus dur le développement d'artiste.

P.N - C'est ce qu'il y a de plus dur, c'est ce qu'il y a de plus long, c’est là où il faut être concentré. En plus on est un label, tu le sais, qui signe à la fois de la pop, à la fois de la world et à la fois de la musique urbaine. Donc voilà, il faut effectivement prendre son temps. Il n’y a pas de recette miracle et ce qui est génial surtout, c’est qu’actuellement tout bouge. Qu’est-ce qu'était TikTok il y’a deux ans ?

R.V - Il y a de nouveaux moyens de promotion, de prendre la parole, de créer des audiences.

P.N - Il y a plein de nouveaux outils, bien sûr !

R.V - Alors c’est un peu la suite logique, avec ton expérience et ta capacité à observer les évolutions du marché. Selon toi, quelles sont les principales solutions qu’apporte le monde du digital aujourd’hui en 2022 pour faire du développement d'artistes justement ?

P.N - C'est la richesse des outils. C’est à dire qu’aujourd’hui, que ça soit le avec les DSP, que ce soit tout le travail avec les playlists, le référencement, que ce soit tout ce qu’on peut faire sur les réseaux sociaux. Pour moi c’est magique, parce que moi j’ai toujours cru que dans le succès d’un artiste il y a un côté miracle. Quand tout à coup tu mets un truc sur TikTok et tu te retrouves à faire 100 000, 200 000, 2 millions, 30 millions de vues en quelques jours, que tout d’un coup tu te mets à avoir en quelques semaines 100 000 à 150 000 abonnés, c’est grâce à tous ces outils-là ,qui sont assez passionnants. L’autre chose fondamentale, la grande différence, c’est qu’on connaît désormais nos consommateurs.

R.V - Bien sûr.

P.N - Et sur ce point, il est clair l’aide sur tout ce qui est data est aussi une de vos forces. La data c’est super, mais c’est quand même très compliqué, très fumeux, et là vous avez des outils simples d’analyse qui permettent de prendre des décisions. C’est extrêmement important, c’est-à-dire que vous êtes capables de nous donner des tableaux de bord avec des aiguille qui nous permettent de comprendre ce qui se passe. Vous malaxez les data pour nous sortir de l'information.

R.V - Et par conséquence de pouvoir prendre des décisions d'investissement.

P.N - Exactement, d’investissement. Et aussi des endroits où l’on communique, comment on communique, et avec qui.

R.V - On est dans un marché digital, qui pour moi évolue beaucoup plus vite qu'un marché physique d’il y a une dizaine ou une quinzaine d’années, avec des tendances et des outils qui changent aussi extrêmement vite : TikTok, tu en parlais tout à l’heure, n'existait quasiment pas il y a un an et demi, deux ans et aujourd’hui c’est complètement incontournable dans la stratégie d’artistes, et de développement et production de contenus. Quand on est un label indépendant associé à Believe comme l'est 6&7, comment est-ce qu'on arrive à s’organiser et à manager ces outils pour en faire profiter et bénéficier ses artistes ?

P.N - Je pense que tu viens de dire le mot exact : c’est utiliser vos compétences et être capable de le traduire dans le langage de l’artiste, qui va lui-même le traduire en création sur TikTok. Et il est clair qu’on ne se rend pas compte du travail fondamental qu’on les labels indépendants pour sensibiliser les artistes et les accompagner. Alors il y en a qui sont naturellement Tiktokers...

R.V - Très à l’aise avec l’outil

P.N - Très à l’aise avec l’outil, oui - d’ailleurs on vient de signer une jeune artiste qui cartonne sur TikTok – mais d’autres ne sont pas naturellement sur TikTok, et d'un coup on les y amène et c’est ça qui est extrêmement excitant : de réfléchir à comment on crée avec l’artiste, en cohésion avec l’image de l’artiste, des contenus pour TikTok, qui vont tout à coup faire qu'elle va être connue et reconnue.

R.V - Un contenu qui raconte l’histoire de l’artiste, de façon légitime pour l’artiste et qui le dénature pas...

P.N - Exactement.

R.V - On se sert de l’outil pour raconter son histoire...

P.N - Ça a toujours été une obsession même dans le vieux monde : utiliser le média et ne pas faire que le média t’utilise. Et bien c’est ce qu’il faut faire avec TikTok : Il y a des codes TikTok, mais à un moment donné, avoir ton univers propre qui fait que la personne qui va te suivre va comprendre qui tu es, qu’est-ce que tu dégages, ta chanson et ton univers dégagent, ça c’est super important.

R.V - Comme tu sais on est partenaire privilégié Spotify depuis un certain nombre d’années et à ce titre depuis un an on est bêta-testeurs, et maintenant utilisateurs, d’un nouveau service qui s’appelle Discovery Mode qui permet de pousser les artistes. Qu’est-ce tu en penses et qu’est-ce que ça apporte à tes artistes ?

P.N - L’idée est géniale :  en fait, on n'est pas sur de la nouveauté, on est sur du catalogue qui a plus de 3, 4 mois, 5 mois ou plus même. Tout à coup, on les met en avant sur les radios Spotify et le gars qui écoute la radio Spotify va se dire “Mais tiens, ce titre est super”. Qu’est-ce qu’il va faire ? Il va aller le streamer et le mettre dans sa bibliothèque. Je vois les effets sur les titres que j’ai sur mon label, c’est des plus 100, plus 200, plus 300, plus 400 pourcents d’augmentation de streaming, et en même temps on augmente la communauté sur Spotify et la communauté des fans.

R.V - Et des utilisateurs uniques. C’est de la découverte, effectivement. On peut dire que c’est de la découverte et une fois qu’on aime, on le met dans sa bibliothèque et là on est re-rémunéré à 100%.

P.N - C’est ça, c’est de la découverte ou de la redécouverte.

R.V - Donc pour toi ça fonctionne, et tu vois un impact concret sur tes projets ?

P.N - C’est un impact concret, +100 %, 150, 200...C'est extraordinaire.

R.V - Pour certains artistes de ton label, notamment Kimberose, Jérémy Frérot ou Vanille, on a utilisé Discovery mode et on a vu un impact sur l’engagement des audiences de ces artistes-là ? Qu’est-ce que tu en penses et qu’est-ce que ça te dit sur les opportunités que ça déclenche ?

P.N - Clairement tu augmentes la communauté de l’artiste et l’engagement. Donc ça veut dire que à la fois tu exposes un titre, ça crée du streaming à court terme.  Mais à moyen terme ça développe la base de fans. Et c’est ça le but, c’est ça de développer un artiste. Donc c’est quelque chose de formidable.

R.V - Quand on parle d’engagement, quand on parle de promouvoir des artistes, quand on parle de développer des audiences, il y a aussi quelque chose qui est important, c’est de raccourcir le chemin de vente. On a créé un outil appelé Backstage Links, qui permet de poster sur l’ensemble des réseaux sociaux - ou dans l’univers Internet des artistes - un lien pour emmener directement les fans sur le store de leur choix, dont ils sont utilisateurs ou abonnés. Est-ce que c’est un outil que tu utilises, est-ce que c’est quelque chose qui est bien perçu par les artistes, et là aussi est-ce que tu vois des effets des impacts positifs dans ta capacité de développer des audiences ou de mieux monétiser tes contenus ?

P.N - Au départ on avait un truc qui s’appelait Linkfire, qu’on a tous utilisé, qu’on continue d’ailleurs de temps en temps à utiliser. Qu’est-ce que vous apportez vous rapport à ça ? D’abord, c’est une solution interne. Mais ce qui est génial dans ce lien, c’est que tout à coup ce n’est pas juste “le disque est sorti, hop, on facilite le parcours client”. C’est “la musique n'est pas encore sortie mais tu peux faire une Pre-Save". Tu peux rentrer ton adresse e-mail en disant “prévenez-moi et faites-moi un push email quand ça va sortir”. Avec ce lien, tu peux carrément réserver une sortie directement sur ton DSP. C’est ça qui est assez génial. Et enfin, on te dirige aussi vers tous les réseaux sociaux de l’artiste.

Je crois à la facilité du parcours client, et là ce qui est, génial c’est que non seulement c’est on facilite le parcours client pour une sortie, mais surtout tu peux déjà réserver ce qui n’est pas encore sorti, et ça c'est quelque chose de formidable. Et surtout ça permet de t’amener sur tous les réseaux sociaux de tous les artistes. Donc effectivement c’est un parcours client riche, multiple, qui permet aux fans d’aller sur tous les endroits très rapidement et de faire leurs choix.

R.V - On a parlé de nouvelles sorties mais il y a un enjeu extrêmement important aussi quand on est producteur et notamment quand on possède les Masters comme toi, qui signe principalement en production ou en contrat d’artistes : c’est le travail du catalogue. Donc comment tu vois ça dans le monde numérique, et comment tu le travailles, et comment tu penses qu’on t’accompagne pour travailler ça dans l’univers du numérique et du digital ?

P.N - C’est vrai que là aussi on se retrouve avec plein d’opportunités. On en a parlé tout à l’heure, toutes les opérations que vous avez montées sur les radios Spotify, c’est aussi une manière de travailler le fond de catalogue en augmentant le nombre de streams et en renforrçant les communautés. TikTok, avec lequel vous avez des partenariats privilégiés, c’est un moyen de faire découvrir les titres.

R.V - Et en plus il y a des nouvelles générations

P.N - Tout à fait !  Parce qu'un ancien titre, c’est une nouveauté pour la nouvelle génération.

R.V - Exactement.

P-N - On le voit avec des effets sur les classements streams d’ailleurs. Tout à coup, il y a des titres qui repartent avec TikTok, qui sont redécouverts et qui explosent à nouveau en streaming. Sur YouTube aussi, avec lequel vous faites pas mal de choses. Donc voilà il y a plein d’opportunités. Après il y a les choses plus construites comme les rééditions, etc. Mais je pense que le travail de base est effectivement d’utiliser les nouveaux canaux, entre guillemets, pour parler aux nouvelles générations.

R.V- Et avec des titres qui sont en permanence disponibles, ce qui n’était pas le cas dans le physique.

P.N - Et mondialement disponibles !

R.V - Tu en parlais tout à l’heure, la data est pour moi une des grandes différences entre le monde physique et le monde du numérique. C’est en fait une meilleure connaissance du consommateur et des gens qui s’intéressent à la musique de tes artistes. Aujourd’hui avec la manière dont on te donne des data, dont on te met à disposition des data dans nos outils, qu’est-ce que tu en retires et qu’est-ce qui te semble important et pertinent de ce point de vue ?

P.N - D'abord, la transparence, voilà. On a les infos en temps réel, on n'a pas besoin d’attendre 18 mois pour les avoir. Et deuxièmement, la manière dont vous avez traité ces datas : on a des compteurs avec des aiguilles qui font que c’est facile de décider. On est vraiment sur le tableau de bord.

R.V - Exactement, c’est exactement comme ça qu’on l’a pensé, un tableau de bord.

P.N - Ça permet d’une manière simple de pouvoir analyser ses datas et de pouvoir prendre des décisions. Mais je pense que l’aspect transparence, rapidité et l’ergonomie, c’est une très grande force qu'a Believe par rapport à ses concurrents.

R.V - Parce que je pense qu’aujourd’hui il faut prendre des décisions hyper rapidement.

P.N - Exactement, et quitte après à changer, à bouger ou accélérer ou à renforcer.

R.V - Merci beaucoup pour tout ça. Est-ce que tu peux nous dire quelle est ton actualité 2022 ? Qu’est-ce que tu prépares avec tes artistes, qu’est-ce qu’on va avoir sur 6&7 cette année ?

P.N - Sur 6&7 cette année on va avoir Marie Flore. Il y a un premier single qui commence à passer en radio, on a un super accueil donc c’est très excitant. Marie Flore, on a commencé le développement... Et on ne peut pas développer un artiste s’il n’y a pas de la scène. On a commencé à tourner, le Covid est arrivé, et c’était fini. Mais là elle revient avec un album et je pense qu’on a quelque chose de très fort.

On a signé Ehla, elle a sorti un premier single, l’an dernier, qui a été d’ailleurs été en synchro d’une pub un peu partout dans le monde. Il y a un album qui arrive. C’est de la chanson maligne, intéressante, différente.

On a aussi signé une artiste franco-chinoise qui s’appelle Sheng. C’est une rappeuse hip-hop/pop, qui est formidable, qui est intelligente, qui vit en France mais qui a aussi vécu en Chine. Donc voilà elle fait des titres avec des refrains en mandarin. Super intéressant, la fille est intelligente, elle est brillante, je l’adore.

Et puis on me dit que Zazie travaille, donc on va voir ce qui va se passer.

R.V - Maintenant que les salles réouvrent, as-tu des artistes qui remontent sur scène, qui seront en tournée ou qui feront des concerts d’ici la fin de l’année ?

P.N - Il y a Jérémy Frérot qui est en tournée, il y a Lubiana qui elle aussi va tourner. Je pense que la scène va vraiment l’aider à se développer. Là on est dans la world music, c’est la première femme qui joue de la Kora. Donc voilà, on a plein de projets extrêmement excitants.

R.V - Un nouvel EP d’ OBOY ?

P. N - Et à priori, il y a une réédition d’OBOY, tout à fait, qui devrait arriver avant l’été je pense.

R.V - Plein de choses dans des genres très différents, de la diversité.

P.N - Complètement différents oui, mais je pense que c’est important.

R.V - Oui, Bien sûr, fondamental.

P.N : La diversité c’est le combat.